25 mai 2009
Paroles de femmes

Printemps de la musique, Mouans-Sartoux
Aujourd'hui, entendu dans le tram. Trois femmes sont assises sur trois des quatre strapontins. Deux d'entre elles semblent se connaître, ou au moins avoir débuté la conversation trois arrêts plus tôt. L'une d'entre elle, cinquantaine, cheveux longs, l'autre soixantaine cheveux courts et bouclés, lunettes de grand-mère. La troisième est une cinquantenaire coquette.
Première : "Vous vous rendez compte, depuis mon accident, cela fait dix, vingt, trente... Quarante ! Quarante ans depuis mon accident"
Deuxième : "Ohlala dis donc ça date dites moi"
Première : "Ils me déclarent à 79%... Comme ça je n'ai pas la pension de 80... Ils vous entourloupent alors que y'a tous ceux qui n'en ont pas besoin et qui en profitent."
Deuxième "Ah oui..."
Première : "Entre les APL, le chômage... "
Deuxième : "Quelle chaleur"
Première : "Oui dites donc qu'est-ce que c'est que ce temps, un hiver tout pourri et maintenant on crève de chaud"
Deuxième : "C'est vrai qu'avant on avait des hivers plutôt moyens, et un printemps en douceur pour aller jusqu'aux chaleurs de l'été. Maintenant c'est mauvais temps et d'un seul coup, oooh c'est difficile quand même"
Première : "Ahlala c'était avant tout ça... Et puis bon avant il n'y avait pas tout ça, tous ces arrivages."
Deuxième : "Ohlala oui"
Première : "Avant les gens vivaient bien, ils avaient la porte ouverte, ils cachaient leur clé sous la, sous leur paillasson, il y avait pas tous ces arrivages là"
Deuxième : "Ah bah c'est sûr qu'avant..."
Silence
Première : "Regardez les, habillées comme des tortues. Moi j'ai vu Sarkozy, je suis UMP hein, j'ai écrit une lettre dans laquelle j'ai dit "y'en a marre de tout ça, le tchador et tout ça", je l'ai vu quand il était là, je lui ai donné la lettre, il l'a mis dans sa poche il l'a lu c'est sûr."
Au moment où je descends, j'entends la première se tourner vers la troisième femme et lui dire
"Ah bah je suis désolée, hein, mais y'en a assez quand même".
Je suis descendue à ce moment là, je n'ai donc pas entendu la fin de la conversation. Durant le trajet, j'étais debout face à ces femmes, me tenant à la barre verticale centrale. Pendant tout mon voyage, la première femme tentait régulièrement d'attraper mon regard, pourtant caché derrière des luenttes de soleil. Les tortues, j'ai vu en suivant son doigt peu discret que cela désignait ces femmes musulmanes emmitouflées dans leurs habits traditionnels et portant le voile. L'index accusateur concernait une femme de grande taille qui canalisait sa petite fille énervée par la chaleur. Et à chaque fois, son regard vers mes yeux, qui semblait dire, n'ai-je pas raison ? Forcément avec ma peau de lait, je suis au-delà de toute discrimination. C'est tout de même déroutant.
Pour finir sur une note gaie (quand même !) voilà une touche d'humour de Walibi Belgique ! (fourni par CgX :D)