10 juin 2009
Have you met Laina ?
Je ne sais pas pour vous, mais j'adoooOOOOOooore les films d'épouvante. Plus particulièrement, j'adore les films d'épouvante de série B. Ceux qui vous font frissonner (quoique, ce n'est ironiquement pas une fin en soi) et rire en même temps. Rire parce que c'est exagéré, parce que le carton-pâte est un peu trop visible, parce que c'est rempli de clichés, ou simplement parce que c'est fait exprès. Et oui, il existe des cinéastes assez fous pour faire des films d'épouvante qui font rire exprès. Ces films, on les reconnaît tout de suite, dès la sorte de la salle, aux premiers mots qui glissent de nos lèvres : "Trop fort !"
Sam Raimi est un réalisateur que certaines générations connaissent pour SpiderMan, et d'autres pour Evil Dead. Si vous ne connaissez pas cette trilogie, je n'ai qu'une chose à dire : "Honte à vous !" (ou "files dans ta chambre" si c'est parce que vous avez 10 ans). C'est LE film (si vous ne devez en voir qu'un, le premier) qui vous fera comprendre ce qu'est l'univers du film d'épouvante de série B de ces 25 dernières années. Bien après les Freddy, Vendredi 13 et autres Halloween, Sam Raimi rebondissait sur les clichés véhiculés par ces "teen-age movies" version 70 et en faisait une délectable fable des temps modernes, introduisant au passage le génialissime Bruce Campbell.
Vingt-cinq ans plus tard, Sam Raimi signe, avec son treizième film, un retour au source. Drag me to Hell, sous le moche titre français Jusqu'en enfer, est en effet, "trop fort" : Une mignonette employée de banque, qui ne ferait pas de mal à une mouche, se retrouve dans la situation de refuser un report de crédit à une vieille femme. Situation banale au coeur de la crise financière, si cette vieille femme n'était pas une sorcière tzigane qui, par vengeance, lui balance la plus grosse malediction du monde entier de la terre : le Laina. Laina est une gentille petite bestiole qui tourmente sa victime durant trois jours avant de l'emmener tout droit en enfer pour y brûler pour l'eternité. De quoi vous faire réflechir à deux fois avant de ne pas céder votre place de bus à une petite vieille. Al'aide d'un gourou, Christine tente alors de se débarasser de la Bête, sous les yeux dubitatifs de son professeur de psychologie (ah ah) de petit-ami, interprété par "L'homme Sims", j'ai nommé Justin Long.
Si vous avez l'esprit ouvert et que vous ne vous attendez pas à un film "sérieusement" effrayant, vous risquez bien d'accrocher. Il est très agréable de voir se mouvoir cette frêle héroïne à cent lieues des clichés du genre ("j'ai des gros seins et je me retrouve en sous-vêtements dans au moins une scène du film"), nous offrant un film d'horreur NON SEXUE, c'est assez rare pour le préciser. Alison Lohman est charmante, c'est comme une impression de la redécouvrir à chaque film. La vieille fait vraiment flipper, la bestiole fait vraiment flipper, à chaque fois que je sentais qu'ils allaient surgir à l'écran, je me cachais les yeux. Des fois c'est dégoûtant, souvent c'est improbable, c'est quelquefois téléphoné, mais on se laisse surprendre avec allegresse tant le moment est délectable.
Bref, si beaucoup le prennent comme un mauvais film de série A (matez les critiques), il faut plutôt le considérer comme un génialissime film de série B, bien mené, bien joué, juste ce qu'il faut d'absurde pour qu'on y croit à mort. Il faut le voir !
