19 août 2009
May the Groom kiss the Corpse Bride
Depuis un an que je suis inscrite aux annonces de l'ANPE (enfin... pôle emploi maintenant ^^), et c'est l'annonce la plus cool qu'ils m'aient envoyé jusqu'ici \o/ Ca change des aides à domicile, baby sitting, mamy sitting et vendeurs du dimanche.
Après, y'a des porteurs plus ou moins cools, quand même.
07 juillet 2009
Il est rené, le divin enfant
L'arrivée d'un nouvel ordinateur me remplit à chaque fois de la même intense et maternelle émotion.
Je crois en la résurrection \o/
30 juin 2009
Puisque tout est mort et bien mort dans la maison sur le port
Levée tôt, j'ai passé toute la journée assise sur une chaise de bois dure comme un couffin de fakir. J'y ai sagement écouté mes comparses de séminaire présenter leurs mémoires, leurs travaux, réflexions et conclusions. Que cela traite de politique, des médias, de l'internet, de la femme bulgare, de Hillary Clinton, des séries télévisées et de la famille, que cela soit à propos de la participation des internautes dans les émissions télé interactives... Chaque exposé fût enrichissant.
Enchaînant les soutenances de 9h à 16h sans manger, je me trouvais fort dépourvue lorsque l'heure du champagne fût venue.
Deux charmantes étudiantes bulgares m'ont raconté leur pays, la culture et la cuisine de leur pays.
Au point que j'ai failli louper le dernier bus pour Saint-Laurent-du-Var.
J'ai aidé deux anglaises qui cherchaient à rejoindre Les Vespins sans rien comprendre au trajet du bus.
Sur la côte j'ai chanté Jeanne Cherhal et Bonnie and Clyde.
21 juin 2009
La Fée Fagot a cassé ses lunettes
Être au chômage est une fatalité plus ou moins appréciable selon ce qu'on en fait. Ayant sué sang et eau pour décrocher un emploi cette année, en vain, je me retrouve aux portes de l'été avec dans mes poches, pas moins que mon inactivité et la difficile faculté à accepter celle-ci. C'est pour ça que l'été se remplit de grands projets, bien entendu gratuits puisque le chômage inclut du temps mais surtout pas un rond >_>
- Améliorer mes connaissances en Histoire, grâce à "L'Histoire de France pour les Nuls" que j'avais acquis l'an dernier, lors de ma spécialisation de licence, et que je n'avais jamais ouvert. Oubli de dates importantes, difficultés à se repérer dans le temps (c'était quand Charlemagne déjà ?)... Ça fait perdre des points à Questions Pour un Champion Online ça. Mine de rien ce livre est très bien construit, racontant l'Histoire comme on conte une histoire, avec la mise en valeur des points de répères, l'apport d'anecdotes pas souvent indispensables à la compréhension de la période donnée, mais souvent bien agréables. L'auteur s'amuse avec nous et nous renvoie à ce que nous avons pu lire plus tôt, un peu comme quand on était en primaire et qu'on apprenait la préhistoire et les poilus. J'ai toujours adoré l'histoire, ma note au bac était même plutôt bonne (et plus élevée qu'une nana que je pouvais pas piffer, qui se la pétait tout le temps avec ses futures études d'Histoire à la fac alors que toi tu vas faire Info-Com... dans les dents ma grande). Et là, je me souviens pourquoi j'ai toujours adoré ça :D
- Perdre du poids Redevenir en bonne santé parce que six kilos de déprime d'année de transition, ça pèse sur les vertèbres et mon cher petit dos adoré a déjà commencé à me faire chier. Pas question que cela dure tout l'été. Légumes et sport (mouahahahHAHAHAHAhaha) autant que possible et hop. D'autant qu'ici, dès que les beaux jours reviennent c'est apéro tous les trois jours. Donc pas d'alcool non plus pendant un moment (la plus grande source de calorie du monde).
- Avancer dans le mémoire en lisant tous les bouquins que j'ai acquis sur le sujet. J'en ai quatre, sur le travail des femmes, les femmes au foyer et celui que j'ai commencé "L'informatique a-t-elle un sexe?" d'Isabelle Collet qui s'annonce déjà passionnant. Et comme il fait plus chaud dans mon appartement que dehors, malgré les courants d'air et les ventilateurs, c'est une bonne excuse pour aller travailler sur la terrasse autant que faire se peut (beacuse of moustiques and bruit des voitures). J'espère comme ça dès la rentrée proposer une plan plus concret (une fois que j'aurai compris comment on en fait un).
- Me désintoxiquer du café. Je suis une véritable caféinomane (et vous ?), et j'ai besoin de décrocher. Thé, thé, thé, thé et tisane.
- Devenir une bombasse en Anglais grâce au visionnage massif de films et séries en VO non sous-titrées. En attendant les épisodes de la fraîche quatrième saison de Weeds, me voilà plongée dans la nullissime série Femme$ de Footballeurs qui me passionne par son absurdité totale. Mais au moins, j'apprends plein de vocabulaire injurieux anglais (hormis caser "bloody" tous les trois mots), je sais maintenant parler des bébés hermaphrodites, des mannequins anorexiques, de la chirurgie esthétique, des maris volages et du chantage à large échelle. Et oui, j'assume :D
- Reprendre quelques activités artistiques parce que ça manque, le travail manuel. Même si je ne suis douée en aucune, faire un peu de peinture, de piano ou de guitare, ça détend. Et pour une fois que j'ai du temps...
- Faire aboutir un projet secret dont j'aurai très fort probablement l'occasion de parler bientôt.
Sachant que je compte bouger au mois d'août pour retrouver ma famille (qui me manque terriblement), j'ai en gros un mois et demi pour mettre tout cela au point, sachant que j'ai déjà débuté certaines choses.
L'inactivité ne passera pas par moi !
19 juin 2009
Y'a plus d'saisons ma pauv' dame.
En cadeau, une photo du tout frais cloché qui a poussé à côté de chez moi. Enfin ça fait longtemps que l'église pousse, mais elle commence à être finalisé. Ils ont même baptisé les cloches, uhuhuh.
L'été s'annonce chaaauuuud.
Vivre sur la côte d'Azur c'est bien (en excluant les bouchons, la vie hors de prix, les touristes et le caractère souvent peu engageant de certains locaux), mais quand on est pas encore habitué au climat, on souffre quelque peu. J'ai eu la chance d'avoir une transition "en douceur", puisque l'hiver a été tout simplement pourri, selon l'échelle sudiste. De la pluie, de la "fraîcheur" (oh mon dieu on atteind les trois degrés le matin), de la neige (sur l'autoroute, entre la sortie d'antibes et la sortie de cagnes, 4h de bouchons). Les pistes de ski s'en sont données à coeur joie, elles n'ont pas été ouvertes aussi longtemps (jusqu'aux vacances de pâques) depuis belle lurette. Pendant ce temps, les nombreuses pluies ont, pèle-mèle, créé des innondations dans l'arrière-pays et le var, causé une panne de courant de la REGION ENTIERE (souvenez-vous) pendant une matinée et bien sûr causé de gros problèmes de circulation tout l'hiver puisqu'au moindre pipi d'oiseau les locaux paniquent et les petits vieux font des crises cardiaques.
Le temps s'est donc révélé affreux pour les niçois, clément pour ma part. Je n'ai pas eu besoin de reléguer mes jupes au placard, agrémentant le tout d'un collant de temps en temps, quand même. J'ai investi dans un parapluie, chose que je n'avais jamais eu à faire en Lorraine. Je n'ai sorti mon manteau d'hiver que lors de mes excursions à Perpignan pour Noël (il neigeait), de nouvel an dans les Vosges (il neigeait), de cadeau à Londres (il pleuvait) et à Paris en février (beau mais frais). Le reste du temps je me suis contentée de mon petit blouson imitation cuir (en plastoc quoi). Le seul soucis a été les chaussures, car les sudistes ne connaissent pas LES EVACUATIONS D'EAU PLUVIALES et ma rue en pente se transformait à chaque ondée en un formidable torrent de facilement deux à cinq centimètres.
Puis le printemps est arrivé, la douceur s'est installé, les collants ont sauté, la veste est devenue facultative. Mais pas tant que ça : car si le soleil chauffe, en son absence l'air est bien frais. Le matin, donc, en partant aux aurores pour me rendre à la fac, j'étais couverte, car j'avais frais. Une heure plus tard, avec l'apparition du soleil, tout vêtement devenait difficilement supportable. Et bien sûr, à l'intérieur des amphithéatres de la fac, cachés du soleil, l'air était frais au poins de se rhabiller... Je ne vous parle donc pas de l'épidémie de rhume qui s'est trimballé. Moi qui ne suis jamais malade, j'en ai eu 4 dont une extinction de voix.
Quelques pluies éphémères accompagnées d'orage ont marqué la transition vers l'été. La chaleur grandissante agitait les petits électrons plus et moins cachés dans les nuages, et boum ! Et là, j'ai renoncé à tout : les bottes, les escarpins pour de trop longues durées (une journée ? impossible), les vestes, les gilets, les pantalons, les hauts à manche longue. J'ai renoncé à ouvrir mes volets avant 11h30 du matin, étant orientée plein est. J'ai renoncé également aux repas chauds le midi. Nous sommes le 19 juin et voilà plus d'une semaine que le thermostat dépasse les 30 degrés. Les soirées sont douces au point de les passer sur la terrasse, et de ne rentrer que parce que la visibilité est mauvaise. C'est, paraît-il, "exceptionnel qu'une telle température arrive si tôt". Effectivement, ces trois dernières années, je passais deux semaines en Juin en vacances à Nice et il ne me semblait pas que la chaleur soit si suffocante. En même temps, peut-on comparer la sensation de chaleur en vacances et lors du quotidien ?
Je sens que l'été va être compliqué.
Heureusement, il y a la mer :)
13 mai 2009
Quel est le fuck ?
J'ai chopé cette webpub ce matin en faisant le tour de mes mails. Autant vous dire que j'ai été choquée, d'autant que je n'en était qu'à la moitié de mon café, ça veut dire que ma transformation matinale de LulHulk à l'état normale n'était pas encore achevée.
Je comprends que les concepteurs de publicité doivent penser pendant trèèèès longtemps le meilleur moyen d'atteindre leur cible (ou leurs enfants, selon le produit), mais là, OUAAAaTTTTEEE ? Depuis quand avoir 25 ans c'est être grabataire ? C'est tout de même bien grossier de s'entendre dire ça par des petits jeunes à la coupe mulets qui écoutent Tokyo hôtel en écrivant des messages suicidaires sur leur skyblog, puis qui envoient des sms au 63434 pour savoir quel sera le prénom de son prochain amour, qui ne sera bien sûr jamais Babacar, Anis ou Truc Mai, mais bel et bien Jean-Jean, Jean-David,ou Jean-Steven, qui se marieront à la date délivrée par le 61415 et auront le nombre d'enfants révélé par le 72829 (et on se fout de ma gueule parce que je lis mon horoscope tous les jours).
C'est rigolo ces sonneries qui paraissent super magiques à ceux qui n'ont pas encore de pilosité, et qui rigolent grave parce que "hé mon daron il entend pas ma sonnerie !" Cependant, si tu es l'adolescent(e) (et oui car ils sont plusieurs) qui prend tous les jours le bus 52 avant l'arrêt Saint Antoine et qui va au moins jusque Carras, si tu es cet adolescent qui écoute si fort la musique dans son iPhone (parce que, hm, oui, les iPod c'est so... plus à la mode) que ta musique électro résonne dans toute la cage en métal qu'est le bus non climatisé, si tu es cet adolescent changes vite de sonnerie parce que dans trois mois, 16 ans ou non, tu n'entendras plus cette sonnerie car tu auras épilé la majorité des poils de ton oreille (je vous rappelle en effet que notre audition dépend de poils qui vibrent et dont dépendent notre perception du grave et aigu, fallait regarder C'est pas Sorcier !). Et n'est pas Radhakant Baijpai qui veut.
Je me souviens que, quand on était plus jeunes avec ma soeur, nous entendions parfaitement le léger sifflement qu'émettait la télévision quand elle restait en veille. Nos parents hallucinaient toujours car ils n'entendaient rien, et cela nous octroyait le pouvoir magique de sauvegarder la planète (avoir des parents baba-cools vous fait économiser l'énergie bien avant Al Gore). Maintenant, cela sert juste à être le seul à savoir que vous avez reçu un sms quand vous êtes à table, au cinéma, en classe. M'étonnerait pas qu'ils oublient que leur sonnerie n'est pas silencieuse pour tout le monde et fait chier tous leus comparses prébubères.
De plus, il faudra m'expliquer ce que le type en bleu est censé représenter. S'il a moins de 25 ans, je suis une chèvre tétraplégique. Je crois que nous pouvons conclure que c'est une toute petite boîte de pub à faibles moyens qui s'est fait embaucher là. Un type de moins de 25 ans ne porte pas de chemise à carreau bon sang !
Il faut quand même préciser que j'ai trouvé cette pub en allant checker mes mails sur ma boîte Hotmail. Cela a peut-être un lien.
Ca me donne envie de taper un jeune, tiens.
Good Morning Sunshine
Je me suis fait amocher par un chat, et j'ai gagné une guitare.
Les bus sont en retard, j'ai vu une série dans laquelle le vagin d'Oprah Winfrey tue un policier, je lis un livre qui dit que l'ordinateur est un miroir psychologique, je mets de la crème solaire, je me suis baigné dans de l'eau à 14 degrés, je fais la chasse aux moustiques.
La routine.
05 mai 2009
Confessions intimes
Je ne sais pas si un jour j'arriverai à être régulière dans mes posts.
J'ai plein de choses à raconter parce que j'ai appris plein de choses ces trois derniers mois (et ouais qu'est-ce que tu crois). Mais j'ai la flemme, alors je vais faire un j'aime/j'aime pas que l'on m'avait soumis il y a quelques temps déjà.
j'aim
Le matin, car je suis plutôt du matin
La nuit, car je suis plutôt de la nuit (ce qui est difficilement compatible avec le sus-cité)
Les livres, les touches, les sentir quand ils sont d'occasion, les étaler partout chez moi et en lire que les parties qui m'intéressent (mémoire powaaa)
L'océan, au point de rêver d'avoir un bateau alors que je suis hydrophobe
Les films indiens car ils sont longs, remplis de rebondissements, entiers, musicaux et qu'ils ont de belles couleurs
Dormir toute nue avec des chaussettes
Nettoyer les joins de carrelage au vinaigre blanc et à la brosse à dent
Les images de pin-up
Les chemises pour homme coupe slim
La tulle
Le sucré-salé
Les chaussures
La vie Parisienne
L'odeur des hommes
La fausse fourrure, dans la déco principalement, pour son côté années 70
La déco des années 70, justement (il suffit de regarder chez moi)
Me croire dans un film en adaptant ma marche à la musique présente dans mon iPod
Tester la technologie, les ordinateurs, les téléphones... Pour cela le travail chez Orange me manque !!!
Apprendre des trucs partout et tout le temps
Les 2CV Charleston, les fiat 500, les Austin Mini décapotables, les 4L, les Suzuki Bandit et les Honda Hornet Classiques
j'aimpo
Les polars américains
Les nouveaux auteurs français qui écrivent comme des auteurs de polars américains, en moins bien
les films à gros budget avec des femmes à moitié à poil et des grosses explosions
La vulgarité, le manque de respect, les allusions au sexe gratuites
Les climatiseurs, à l'intérieur et à l'extérieur (enlaidissement des façades bonjour)
Le côté "absolutely huge" des américains
Le yaourth aux pruneaux
Qu'on me dise que je viens du Nord... JE VIENS DE L'EST BORDEL !
La vaisselle
Le mal de dos
Le whisky
Ne pas pouvoir faire tout ce que j'ai envie de faire pour des raisons de budget
Les plages de galeeeeet ; mais c'est quoi ça, normalement y'a du sable à la mer ?!
La superficialité de la côte d'Azur
Les strass sur les vêtements *iurk*
Les coeurs, les papillons, les photos de bébé en masse, particulièrement quand ils sont habillés en courgette, concombre, cucurbitacé, rayez la mention inutile
Si vous passez par là... à vous !
30 janvier 2009
Mémoire, mémoire... vous avez dit mémoire ?

Darwin, Museum of Natural History, London
Quand je suis arrivée sur la Côte d'Azur pour le début de l'année scolaire, je savais pour avoir passé plusieurs vacances ici, que le contact ne serait pas évident, même sortie du statut de "touriste" (quel vilain mot rempli de préjugés). Effectivement, les cours en amphi, la promo d'une centaine d'étudiants, grosso-modo, avec la tendance à quitter au plus vite le campus une fois les cours terminés ; sans compter les groupes amicaux formés depuis la licence, qui ont naturellement tendance à laisser inconsciemment porte close aux nouveaux arrivants. S'il est cependant bien une chose qui a permis le rapprochement des étudiants, entre personnes qui ne se connaissent pas forcément, c'est le Mémoire de Recherche. Cette étape indispensable à la validation de la première année de Master recèle un pouvoir caché, agissant telle la Kryptonite sur Superman, rendant fou tout étudiant qui l'approche, faisant perdre tous ses moyens à celui qui tente seulement de l'aborder.
Chose simple associée au Mémoire et rapprochant les étudiants, le Séminaire, qui consiste à regrouper ces jeunes-adultes autour de leur directeur/directrice de mémoire, est déjà un pas en lui-même. Une promiscuité absente de tous les autres cours, des tours de paroles incitant l'entr-aide, le travail en petit groupe permet non seulement une approche probablement plus efficace de cette "verrue" au préalable, que nous avons en commun, mais aussi une découverte plus aisée des centres d'interêt de chacun. Car, il est vrai, on choisit rarement un sujte de mémoire qui ne nous concerne pas d'un iota.
Mais ce qui rapproche le plus les étudiants, surtout durant le premier semestre, c'est cette angoisse qui entoure l'apréhension du mémoire. Et si, comme le disait M. Zerouki, mon professeurs de phylo de Terminale, "On ne peut mesurer l'angoisssssssssse", mimant de ses doigts un trouillomètre, il est différent niveaux d'expression de cette peur. Ainsi, ai-je pu surprendre une conversation entre deux étudiantes que je ne connais pas du tout, et dans laquelle l'une des jeunes femmes expliquait qu'"à la seule idée de [se] mettre à travailler, [elle faisait] une crise de panique" ; puis elle énumérait divers symptomes, tels palpitations, évanouissement... Je ne me permet par de juger de la sensibilité de cette étudiante qui, pourquoi pas, pourrait rappeller celle des précieuses du XVIIIème qui s'évanouissaient à chaque mauvais mot car cela se faisait bien, d'être une femme faible émotive.
Autre idée, un symptome que j'ai subit, a été de vouloir inextricablement refaire la décoration de mon appartement, au moment même où je m'étais prévue trois jours de grands travaux de Mémoire. Ces trois jours ont donc été comblés par le déplacement des meubles, un grand ménage d'hiver, et un environnement finalement plus clément et enclin au travail - avais-je vraiment besoin de tout celà pour mieux travailler, je pense que oui, car un bon environnement est indéniablement un atout à la paix de l'esprit. Ce phénomène aurait pu être anecdotique, si, en discutant avec un de mes camarades de séminaire, je n'avais appris que lui aussi, avait été pris du besoin inexplicable de tout refaire et tout déplacer ! (Messieurs les psychologues ici présents, prière de ne pas lier ces phénomènes de grands ménages aux besoins d'organisation du grand bordel de nos vie ; nous l'avons déjà fait :) ).
Ce mémoire, tel un poltergheist, nous hante sous différentes formes : pour certains, il allume mystérieusement la télévision au moment de se pencher sur des livres, nous incite à relire l'intégral de sa bibliothèque de bande-dessinées, ou fait léviter sous notre nez la dernière édition de "World of Warcraft".
L'apogée de cette prise de conscience a eu lieu il y a quelques jours quand dans mes notifications Facebook, une ancienne camarade de CMI (ma spécialisation de licence) m'invite à rejoindre un groupe intitulé "J'ai un mémoire à rendre et je voudrais partager cette souffrance avec vous". Dans celui-ci, vous êtes invité à partager votre sujet de mémoire ainsi que votre filière, mais aussi "la première chose à laquelle vous pensez quand vous bloquez sur votre mémoire", et vos diverses impressions, plaintes à ce sujet. Avec presque 5 000 membres, ce groupe n'est pas tout seul ; entre "On a tous quelque chose de mieux à faire qu'un mémoire" ou "pour que [unetelle] se bouge le cul et commence son mémoire", c'est une véritable pscyhose estudiantine que nous avons là ! Dieu merci, il existe un groupe qui s'intitule "J'ai plié mon mémoire de fin d'étude, bon débarras !!!", mais qui ne contient que 24 membres... Si Facebook était un microcosme, il serait amusant de penser qu'au moins 4876 étudiants auraient abandonné le mémoire avant de l'avoir fini... uhuhuh.
Comme quoi, le Mémoire de Recherche... un vrai sujet de société ! Envoyé Spécial devrait en parler plus souvent, tiens. Ca leur permettrait de montrer des images choc d'étudiants au bord de la dépression !
26 janvier 2009
Dis oui au maître
Il y a quelques jours, j'ai été embauchée par Complétude, entreprise numéro 2 en matière de cours privés. Quand je dis quelques jours, j'ai à peine reçu les papiers officiels m'accueillant au sein de la grande famille des professeurs particuliers. Vendredi en début de soirée, je reçois un mail de Complétude, qui est en fait un communiqué de Presse du PDG de l'entreprise, dénonçant le manque d'objectivité d'un reportage d'Envoyé Spécial sur les cours privés, dans lequel Complétude semble mis à mal par un subtil montage. Piquée par la curiosité, primo parce que fraîchement arrivée dans l'entreprise il est toujours bon de savoir où on met les pieds - et de vous à moi avant l'annonce ANPE je n'avais jamais entendu parler de Complétude ; deuzio parce qu'une journaliste, même hors activité, s'interesse toujours à ce que peuvent dire ses homologues, SURTOUT quand leur crédibilité est mise en doute.
Bref, depuis la folie du streaming, les sites Internet des chaînes proposent les émissions diffusées en libre visoinnage sur le net ; je choisis l'émission et le reportage. Si vous avez 40 minutes devant vous, un peu d'éducationnage n'a jamais tué personne.
Dès le début du reportage, l'émission n'est pas tendre avec les professeurs privés. Ma position en ces premières minutes est tendue, car je suis partagée entre la vérité (qui sommes-nous pour prétendre être enseignants) et mes sentiments de nouvelle arrivée dans le milieu. Quelques minutes sont nécessaires pour faire la part des choses, car dès les premières minutes, je m'enflamme intérieurement contre l'orientation du reportage. Aller, Lucille, on se calme, attendons la suite, et que ton oeil soit objectif. Effectivement, la suite est moins violente : la journaliste contacte les 4 premières entreprises de cours à domicile français (dont Acadomia est numéro 1), se porte candidat au poste d'enseignant dans chacune d'elle, puis les sollicite en simulation de parents cherchant un soutien scolaire pour leur progéniture (t'as qu'à passer moins de temps devant la télé, sale môme !). Dans la grande majorité des cas, c'est catastrophique. Acadomia, qui pourtant accepte de participer clairement à l'émission (qui est souvent le gage que la société n'a pas grand chose à se cacher) se prend une claque en n'appuyant aucune des garanties promises aux parents. Le boss lui même n'en revient pas. KeepSchool and co, se prennent quant à eux un zéro pointé total - pour plus de détails je vous invite à vous reporter à la vidéo. Finalement, Complétude est le moins amoché, bien que l'entretien soit largement tronqué.
Une jeune femme est filmée en situation d'entretien. Elle est donc sous la pression de l'entretien et de la caméra. On voit, dans la vidéo, que la responsable de recrutement l'évalue sur l'exercice des COD-COI, que l'on voit donc en primaire. La demoiselle se plante, inverse COD, COI, l'entretien est diffusé devant des enseignants en exercice qui se moquent d'elle... La demoiselle est cependant embauchée, au bout d'un essai totalement infrictueux, ce qui paraît plutôt honteux.
Ce que l'histoire ne dit pas, c'est qu'un entretien chez Complétude dure bien plus longtemps que les huit minutes du reportage (le mien a duré 50 minutes, le candidat me précédant est resté 40 minutes). J'ai pour ma part eu droit à deux mises en situations, aucunement destinées à me mettre en difficulté mais à évaluer mes qualités pédagogiques. C'est comme tel qu'est présenté l'exercice au début de l'entretien. Après avoir rapidement commenté mes expériences de soutien scolaire (vive le baby-sitting, où ce n'est que la fin des devoirs à faire qui autorisait une partie de Call Of Duty avec en bonus le droit pour la baby-sitter de se faire humilier aux jeux vidéos par un gosse de onze ans), la chargée de recrutement pointe deux cases que j'ai coché dans mon "tableau de compétences", une grille dans laquelle je coche, par niveau, tout ce qui semble à ma portée de future enseignante du soir. D'abord, en mathématiques, elle pointe les identités remarquables, et me demande d'effectuer une simple équation, des trucs avec des parenthèses, des a et des b, des petits plus, des petits moins. Je lui explique poliment que j'ai coché les identités parce qu'elles sont étudiées en 1ère Littéraire et que j'estimais pouvoir les enseigner à ce niveau - après tout j'ai eu 12 en "maths-info" au bac - mais que finalement, j'étais absolument incapable de résoudre ce qu'elle me présentait. Mal barré, pensais-je en me demandant si je n'aurais pas été plus à l'aise devant du mandarin. Très bien, autre tentative, l'anglais. Etant débrouillarde en la matière après plusieurs voyages en pays anglophones, cela ne me fait pas peur, mais voilà qu'elle m'interroge sur quelque chose de très simple, mais dont la règle m'échapait. Devant cette deuxième humiliation, qui commençait à sérieusement me faire douter de ma capacité d'enseignement, je regardais mon interlocutrice droit dans les yeux, je vais être très honnête avec vous, je sais ce qu'est une proposition infinitive car je l'utilise à l'oral, mais je ne peux pas vous ressortir la règle de but en blanc. Je pars du principe que si ma mission me demande d'aborder ce sujet, je préparerai le sujet au préalable, mais je ne suis pas capable de vous sortir ça maintenant. Elle me propose donc de choisir un sujet au hasard, je pointe "les superlatifs", que je détaille sur un papier blanc en des gribouillis et des flèches qui simulent un cours, certes un peu brouillon, mais qui se tient.
Finalement, j'ai été reçue. Il a été convenu que les maths ne me seraient attribué pour le moment qu'en primaire (humiliation ? dure réalité ?), mais que pour le reste, cela allait. Que, bien sûr, on attendrait que j'ai fais mes preuves avant de me confier des élèves avec un examen à la fin de l'année, surtout le bac, mais que jusqu'au brevet il n'y avait aucun soucis. Je suis donc repartie avec le mode d'emploi du parfait petit professeur (carnet de suivi de l'élève notamment), le déroulement d'un cours type, et surtout l'accès à un million de fiches pédagogiques et d'aide à l'organisation. Quant aux diplomes, extrait de casier judiciaire, dont les obligations et vérifications sont fustigées dans le reportage, sachez que jusqu'à ce que j'ai délivré ce fameux extrait de casier (arrivé bien après l'entretien), aucune annonce de cours ne m'était accessible. De quoi rassurer les parents les plus méfiants.
Que dire du reportage ? A vouloir faire du racolage, ne donnant que de mauvais exemples de parents mécontents des cours donnés (on ne dit pas d'où viennent ces mauvais professeurs), ne présentant que les mensonges, Envoyé Spécial a probablement fait perdre en certains parents l'espoir qu'il y avait une option B aux soucis d'école. Qu'un enfant en difficultés scolaire n'était pas sujet à la fatalité et pouvait avoir un coup de pouce. Il oublient que les élèves que ces cours ont aidés s'elèvent à plus de 80% en moyenne (sur les 4 premières entreprises du domaine). Que dire de nos collègues journalistes, qui baffouent leur devoir premier qui est d'informer ? Certes, l'information est là, mais est-ce vraiment informer que de n'évoquer qu'une seule partie de la réalité ? Envoyé Spécial, qui est (était ?) à mon sens une émission interessante, est hémophile de sens et de crédibilité... Cela me touche probablement car cela aborde un thème dans lequel j'arrive fraîchement, mais chaque hypocrisie journalistique me fait me rappeller pourquoi, dans mon choix de vie, le journalisme est passé du premier plan... au plan B.








