Crazy Lux Box

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07 janvier 2008

Aimes moi moins, mais Aimes moi longtemps

les_chansons_d_amour

Comme il est de coutume, je vous souhaite la bonne année. Comme il est de coutume sur ce blog, je vous le souhaite une semaine après la date requise.

Heureuse surprise que la découverte du film Les chansons d'Amour de Christophe Honoré. J'ai récupéré ce film pour deux raisons : d'abord parce que c'est le film après Dans Paris, qui, même s'il m'avait sur certains points laissé dubitative, m'avait plutôt séduite. Ensuite parce que j'en avais lu de très bonnes choses dans ma nouvelle Bible BoBo que sont les Inrockuptibles.
Je tiens à prévenir les réfractaires : ce film est une comédie musicale. Et pourtant, on ne peut le définir comme tel. Par définition, une comédie musicale comprend des scènes chantées et dansées spontanées et totalement incluses dans la narration. Ici, aucune chorégraphie, et les chansons ne sont que les pretextes pensées des protagonistes. Toute réflexion, toute émotion forte, se résume sur des notes posées. Parlons musique deux minutes. Alex Beaupain, se nomme le compositeur. Quelques chansons m'ont fait penser à du Delerm (je vous vois déjà faire la moue), tout en finesse, tout en tableaux, de Paris sous la pluie aux espoirs les plus fous. La musique se lie aux images, pas de fausse note, du côté de la mélodie comme celle de la réalisation. J'ai vu en cette histoire des moments émouvants, des réflexions sur ces chansons d'amour qui dictent nos vies comme des manuels invisibles, et sur nos histoires d'amour, finalement.
Le topic ? Un homme, Ismael, aime une femme, mais mal. Elle, Julie, accepte un ménage à trois par amour avec Alice, collègue d'Ismaël. Un jour, Julie meurt subitement. S'en suit la rédemption d'Ismaël, comme persuadé que la mort de sa bien-aimée (finalement) serait dû à son incapacité à l'aimer correctement. Autour de ce couple omniprésent, malgré la disparition prématurée de Julie, la famille de la jeune femme, travaillant elle aussi sa douleur d'une fille ou soeur disparue alors même que la veille, les rires emplaissaient l'appartement familial. Au final, la problématique pourrait se résumer à : Comment faire face à la dispartion de l'être cher ?
Honoré garde ses références, quand même. On retrouve la scène de lecture au lit, tirée de Truffaut et déjà utilisée dans Dans Paris, avec ici une mise en abyme via l'illustration du livre d'Alice... Et puis quelques détails, "Sallinger quand même".
J'ai rarement vu un film aussi beau sur l'amour, ce n'est pas un film qui parle d'amour, finalement, il aurait même tendance à le fuir, à en montrer les quelques sombres aspects. Et pourtant, de la beauté à l'état pur, comme la scène illustrée par la chansons Ma mémoire Sale, interprétée par Louis Garel (admirable, je l'ai complètement découvert) et Grégoire Leprince-Ringuet, le breton qui sent "la pluie, l'océan et les crèpes au citron". Le moment qui précède l'amour, cette tendresse, les mots qui se disent au creu du cou, les sentiments qui caressent la peau nue. Presque érotique, mais surtout le plus tendre moment qu'il m'ait été donné de voir au cinéma depuis bien longtemps.

J'ai vu Gone Baby Gone, au cinéma. J'en dirai moins, car il y a moins à dire. Réalisation agréable, exercice réussi pour Ben Affleck qui a prouvé qu'il était meilleur en réalisation qu'en jeu d'acteur (ce qui n'est certes pas difficile). Grosse révélation sur Casey Affleck, qui était resté longtemps le "petit frère de" et seconds rôles vagues et variés (Will Hunting, Oceans), sauf pour les fans des élucubrations de Gus Van Sant, bien sûr. Un jeu d'acteur en finesse, où ce petit bout d'homme est totalement crédible en détective caractériel, tel un petit roquet s'attaquant à un berger allemand. L'histoire m'a laissé dubitative, je retiendrai surtout, donc, le jeu d'acteur de l'interprète principal.

Posté par LuxBox à 18:09 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Gone Baby Gone est excellent livre mais il faut lire la série Kenzie - Genrao de Lehane dans l'ordre pour apprécier l'évolution des personnages.
Bon j'ai pas vu le film... mais le bouquin reste un excellent moment de lecture (de toute facon j'adore Lehane)
A suivre l'adaptation de Shutter Island bientot par Scorcese je crois... son 2eme roman hors de sa série, le 1er étant Mysic River.

Posté par Geof, 14 janvier 2008 à 21:37

Mystic River, j'ai adhéré à mort. Là, je ne sais pas si l'adaptation était bien fidèle ou quoi ou qu'est-ce, mais c'était confus, j'ai eu du mal, j'avoue.

Posté par L u X, 15 janvier 2008 à 21:18

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