20 novembre 2007
Baisers En Solde
Vends, cause livraison annulée, Baisers neufs. Bonne qualité, jamais servi. Disponibles version Gourmand ou Romantique.
Comme
une impression de Déjà Vu. Nancy en mars, un an et demi plus tôt. De
jeunes gens désireux de pouvoir encore rêver leur avenir, se lancent
dans la marche pour la liberté. Un an et demi plus tard, de jeunes gens
désireux de pouvoir permettre aux futurs étudiants de rêver leur
avenir, se lancent dans la marche pour la liberté. De vieilles images
d'Assemblées Générales à deux mille cinq cents étudiants ; de
Coordinations Nationales interminables, de débat de plus de 36 heures
d'affilées, sans dormir, à tout écouter car, oui, tout est important,
toute idée importe ; d'étudiants en fleur, tâchant d'organiser une vie
sur le campus, la nourriture, les sanitaires, les couchages, les petits
déjeuners.
Je ne peux plus rester debout dix-huit heures d'affilée, alors je ne tiens plus les piquets de grève.
Je
ne peux plus marcher de longues heures, battre le pavé de slogans avec
des étudiants, les salariés, les retraités, alors je ne manifeste
presque plus.
Je ne peux plus décider de partir à l'autre bout de la france sur un coup de tête, alors je ne m'engage plus.
Ce mouvement se fait de loin, je le vis par procuration, et franchement, ça laisse un goût amer.
La
vie se porte, la vie se fuit. Si nous ne rêvons pas aujourd'hui, qui le
fera pour nous ? Parce que nous voulons avoir le choix, parce que
l'enfant qui rêve de devenir enseignant, pour dispenser un savoir,
tenir une jeunesse qui construit la société de demain, ne doit pas
avoir plus de désillusions que le futur ingénieur, qui pour nous
construira des routes, des ponts, qui nous permettront, pas à pas,
d'avancer toujours plus vers l'échange, la communication, les
transferts de biens.
Victor Hugo disait qu'ouvrir une école,
fermait une prison. Cette politique, qui veut dès le plus jeune âge
freiner la délinquance, qui veut balayer les cités des gangs, d'une
génération sans repères et sans aides, qui veut éloigner la vermine
d'un pays trop beau pour être honnête ; cette politique ne devrait-elle
pas épanouir sa jeunesse, épanouir sa société, l'ouvrir à tout et à
rien, sport, loisir, éducation, mais aussi et surtout curiosité ?
N'est-ce pas là la solution utopique à l'ennui qui tiraille notre
époque ?
N'est-ce pas cet environnement, qui nous gave, lors de
notre jeunesse, de produits de consommation, et qui nous oblige, dès
l'enfance envolée, à trimer pour nous offrir la vie que l'on est censé
désirer ? Qui fait que de jeunes travailleurs intellectuels, étudiants,
quelque soient les établissement auxquels ils appartiennent, à faire
des choix, à devoir mettre de côté l'éducation et la curiosité, au
profit d'un travail abrutissant et fatiguant ?
N'ayez aucune crainte, je ne suis même pas pessimiste. Juste un peu trop rêveuse.
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