11 juillet 2007
Moi et... Le Tour de France (3)

Pour les incultes, le type en blanc à Gauche, c'est Christophe Mengin, notre lorrain de service !
J'ai
beau être aussi sportive qu'un dromadaire à trois pattes, je suis très
respectueuse du fair play, de l'équité et simplement de l'esprit du
Sport. Ainsi, il est des sportifs méchant, bouh, pas beau, qui simulent
(football), trichent (belote), se dopent (partout). D'ailleurs, vous le
remarquerez, si la ventoline se trouve dans tous les sports, quand on
dit "Dopage" on pense direct "Cyclisme". Tout le monde a entendu parler
de l'affaire Festina, a vu Richard Virenque dans son collant moulant,
chouiner qu'ils étaient obligés de quitter le Tour parce qu'ils
faisaient pipi bleu et qu'ils ne savaient pas vraiment pourquoi. Il est
vrai qu'une fois sortis de l'équipe, Virenque, blanchit et clean, nous
a offret ses meilleurs tours, ses meilleures étapes (Mont Ventoux !) et
a raflé quelques maillots à pois. Christophe Moreau, plutôt discret à
l'époque de l'affaire, est aujourd'hui le français le plus performant
avec des étapes vêtu du maillot vert, du maillo à pois, et, depuis
plusieurs années, le meilleur classement pour un français.
Le
Dopage, ça ne date pas d'hier. Il faut l'avouer, si il y a cent ans,
ils mettaient huit heures à faire des étapes qui, aujourd'hui, n'en
durent que 3, ce n'est pas seulement à cause du matériel. Certes, les
vélos se sont allégés, certes, les cyclistes sont plus entraînés. Mais
certaines performances restent plus que douteuses.
Prenons
Lance Armstrong. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais Lance
Arsmtrong a gagné 7 Tour de France sans n'avoir gagné des millions
d'étape. Il était bon sur la route, sur la distance, et dans les
contre-la-montre. Il transpirait peu, normal, dit-on, puisque son
équipe le soutient. C'est bien l'esprit américain : une équipe entière
pour la victoire d'un seul homme. Si vous vous interessez à l'équipe
Discovery Channel (vous avez ptet autre chose à foutre) proposée avant
le tour (une liste d'une vingtaine de coureur est proposée, puis 9 sont
choisis juste avant le début de la Boucle), il y a de tout :
Américains, certes, mais aussi britanniques, australiens, chinois,
japonais, lituanien, russe, etc. Mais pas un seul français. Si les
équipes espagnols sont surtout composées d'espagnols, si les équipes
suisses sont principalement composées de suisses-italiens, dans
l'équipe américaine, n'est américain que la tête d'équipe, quasimment.
Pour moi, cette équipe est l'affront Américain à la course Française.
Je
Hais Lance Armstrong. Ce type, qui ne transpire jamais, a gagné 7 fois
les doigts dans le nez. Au fil de ces Tour, nous avons vu des coureurs
discrets faire de belles échappées, gagner le maillot jaune pour un
jour et se le faire récupérer le lendemain par la Discovery, alors même
qu'aucun d'entre eux n'a gagné l'étape (question d'écart de temps).
Blasant. Ce type c'est l'image type de l'américain, le menton carré,
bien fait, une fiancée célèbre décolorée des cheveux et des dents (je
vous jure ça piquait les yeux), et surtout, l'homme qui s'en est sorti.
Car oui, cet homme, messieurs, mesdames et surtout mesdemoiselles, a
été victime il y a quelques années d'un cancer des testicules. Dur. Les
américains, ils ont toujours eu une avance technologique sur nous, avec
les armes chimiques tout ça. Et s'ils étaient avancés au niveau du
dopage, à un point où ils utiliseraient des produits indetectables par
les méthodes actuelles ? La question est d'autant plus pertinente que
l'année où Armstrong se retire, c'est son compatriote à poil roux,
Floyd Landis, qui remporte la course, en ayant gagné une seule étape
dans laquelle il s'est putainement démarqué. Drôle de hasard, les
analyses de ce même jour ont révélé un taux anormalement élevé de
testostérone. JUSTE pour ce jour. Et en plus, la veille de cette étape,
Armstrong a fait le déplacement depuis son pays et a passé la soirée
avec son ami. Si l'excuse du rhume semble pertinente aux yeux de
certains, il faudra expliquer pourquoi, un an plus tard, le tour de
france 2006 n'a toujours pas de classement officiel. Perso, je suis
persuadée qu'à la suite de son cancer, des scientifiques ont greffé un
testicule bionique à Lance Armstrong. Après tout, les testicules sont
une affaire de testostérone !
Je crois que quand je pense Dopage, je
pense à Marco Pantani, un cycliste italien qui a gagné le tour en 1998,
il me semble ; c'était le premier tour que je suivais avec grande
assiduité. Marco Pantani a remporté le Tour, mais on ne parlait pas
vraiment de dopage à grande échelle à cette époque. Deux ans plus tard,
sont ressorties des affaires et des dossiers dans lesquels Marco
Pantani et son équipe étaient cités. Il n'a pas été destitué de son
titre, car Pantani était un grand nom du cyclisme Italien qui se
faisait une bonne place au plan mondial. En 1999, ce génie du cyclisme
est suspendu suite à un taux d'hématocrite trop haut. Revenu sur le
tour en 2000, il abandonne vite, et en 2001 il est encore suspendu pour
utilisation d'insuline. Finalement, il finira dépressif et drogué avant
de décéder en 2004 d'un oedème cérébral dû à l'absorbsion massive de
cocaïne. Ca m'a beaucoup touché, car le premier vainqueur du Tour, pour
moi, c'est lui ; le vainqueur de MON premier Tour.
Forcément,
ça n'aide pas un sport, une telle image. Au milieu des gros sous et des
seringues, que reste-t-il de la performance ? Aujourd'hui se distingue
d'autant plus une nouvelle catégorie de cyclistes qui sont attachés au
sport et non pas à la performance. Cette année, les grands noms pointés
du doigt accusateur de l'éthique ont quitté la route. Si Jan Ullrich
était resté, certes discrètement, l'année dernière, cette année il ne
s'est pas presenté. Les soupçonnés de l'an passé aussi, se font
oublier. Le Cyclisme du Tour est honteux, il se fait petit et tente de
se blanchir avec de nouveaux coureurs réputés pour être cleans. La
France et l'Allemagne ont signé des accords sur la lutte anti-dopage,
mais les autres pays, notamment espagnols, n'ont daigné participer à
l'initiative. On reste donc dans une image du Tour bien française, où
les français respectent leur sport, leurs routes, leur sport. Tant pis
pour les européens !
Voilà, je crois qu'il est temps pour moi de
mettre fin à ce plaidoyer sur le cyclisme et particulièrement sur le
Tour de France. Je n'ai en rien décrédibilisé la qualification de
"sport beauf", car il faudrait déjà examiner ce qui est défini comme
beauf au yeux du sens commun, et cela, nous pourrons le faire plus tard
sur le cas général. Si cela a pu vous rendre curieux, je serais comblée
:)
Edit : de nouvelles contribution dans le blog de Petons !
10 juillet 2007
Moi et... Le Tour de France (2)
Bon
retour dans ce plaidoyer pour le Tour de France, qualifié comme "Sport
de Beauf" par un type qui portait un t-shirt de l'OM.
Je
m'étais largement étendu sur le Tour vécu en réel, parce que souvent,
on confond le Tour vu à la télé, et le Tour tel qu'il est vraiment. Ce
qui doit probablement le faire passer pour un truc de beauf, ce doit
être son côté rural, saucisson cochonou avec la 2CV en vichy rouge
(je kiffe cette voituuuure), version "tripes de caen sauce menestrel".
Son côté fête de village, quoi. Car si la majorité des sports encense
des villes plutôt importantes, le Tour fait la promotion de notre bonne
france à nous.
Il ne faut pas se leurrer : l'avis général est
plutôt parisien. Car c'est à la capitale que siègent les télévisions
qui nous servent le meilleur condensé des nouvelles régionales. C'est
de paris que l'on visite les bourgades dont on parle lors d'affaire
souvent lugubres. Qui aurait entendu parler des Vosges et de la Vologne
sans le Petit Grégory ? Qui aurait connu le petit chef-lieu Outreau
sans la grande affaire qui l'a bousculé ? Au moins, la Bretagne, les
Basques et les Corses ont leurs indépendantistes pour promouvoir leurs
belles patries, mais les autres régions, non. De Paris, la campagne
c'est vide, c'est rempli de vieux, si si, c'est Pernault qui nous le
dit. Y'a des vieux qui roulent en vieilles 4L toutes déglinguées, et
qui votent extrême droite parce qu'ils aiment par les arabes, alors que
dans la télé, ils en montrent même pas. Bref, cette image de la "France
d'en bas", pas terrible.
Une étape, c'est en moyenne 200
kilomètres. Sur 200 bornes, vous avez le temps de traverser plusieurs
villes, villages, de voir plusieurs paysages. Quand vous regardez les
émissions diffusées AVANT le départ, nous avons toujours le plaisir de
découvrir le coin de la ville-départ, parfois, ils reçoivent même des
personnalités du coin, geneviève de Fontenay, Didier Gustin, des gens
du coin, mais des images nationales quand même, plus ou moins
discrètes. On parle de la spécialité du coin, en écorchant le nom de ce
plat de viande en sauce typique qui baigne dans la marinade pendant
trois jours avant de cuire 12 heures. On tatonne même du goulot
(rarement, quand même, nous sommes sur une chaîne publique) pour parler
de ce vin du pays mis en bouteille par des moines trappistes.
C'est
donc une toute autre image de la france, c'est l'image d'une france
régionale, mais pas fermée, d'une france typique, mais pas ringarde,
d'une france qui vit avec ses traditions, avec son histoire, l'image
d'une france inhérente à l'histoire du Tour de France d'ailleurs. Je ne
sais pas si vous connaissez une émission qui passe sur la chaîne
"Voyages" et qui s'appelle "Pilote Guides". C'est une émission très
interessante présentée par des baroudeurs (américains) qui voyagent
dans le monde entier en vous donnant tous les bons plans des pays que
vous pouvez visiter. J'ai vu un numéro où une américaine se rendait en
France. Elle passait par plein de petits patelins, pas du tout par la
capitale. Elle s'était rendu à Pont l'Abbé, bourgade bretonne, pour le
festival folklorique, puis elle s'était rendu en Champagne pour voir
les vignes. Assez typisch, quoi. Et sur le chemin, comme événement
majeur de la vie française, elle était passé par un petit village pour
voir passer le Tour de France. C'est un peu l'archétype de la France
camembert-saucisson, de la France de Charles Trenet quand il parle du
pays de son enfance, bercé de tendre insouciance. En plus, France
2 a dans l'optique de faire de nous des érudits, puisque
quand l'hélico passe au dessus de Giraudon-Sur-Tarn, le commentateur
nous explique que son abbaye, dont nous admirons l'architecture, était
le fief de Aliénor d'Aquitaine quand elle avait envie de se mouiller
les pieds, ou que tel château était le bastion de défense de la région
Limousine pendant la guerre de Trente ans, qu'il a été bombardé pendant
la guere et qu'il est aujourd'hui classé comme site culturel par
l'UNESCO. De belles régions, de belles pierres, un savoir, de la
géographie et de la culture.
Au même titre que le football
s'est enrichi d'une vraie réalisation en 1989 (voir "Le Salaire de
Zappeur" de Serge Daney), depuis quelques années, les caméras du tour
de France ne se content plus de filmer les coureurs qui roulent, point.
Les plans s'enrichissent de paysages, de couleurs, les moto se
permettent des plans de biais, en symétrie, au ras des coureurs, des
gros plans sur les efforts, sur le ciel, sur l'environnement. Les
images sont belles, plus palpitantes, plus enrichissantes. Cela n'est
plus uen simple course, c'est un vrai film promotionnel de la campagne.
C'est bien sûr sans compter sur les petits plaisantins qui, dans le
désordre : taguent les routes du nom de leur cycliste préféré, étendent
des bannières géantes (vues du ciel) au milieu des champs, ou même
teintent les vaches en jaune, vert et blanc à pois rouge (oui oui c'est
vrai je l'ai vu de mes yeux vus). Bref, le tour, c'est beau.
Et si, finalement, le Tour, ce n'était pas la plus grosse fête de village itinérante du pays ?
Si vous ne connaissez pas l'ambiance de France Télévision sur ce tour, lisez cet article de blog très interessant sur les commentateurs de 2005 dont la majorité sont toujours en service.
A suivre : Il y a quelque chose de pourri dans le Royaume du Sport, ou l'Enfer de la Drogue qui donne des gros muscles
09 juillet 2007
Moi et... Le Tour de France (1)

(Source : http://www.philippetastet.com/)
Après écriture il s'est avéré que ce plaidoyer pour le Tour de France était très long. Je vais dnc probablement en faire plusieurs posts. Et oui, comme quoi un rien m'inspire.
Je
passe mon temps à pester contre les adorateurs du football, ceux qui te
disent "ah nan ce soir je peux pas, y'a Nancy - Leans à la télé" quand
tu les appelle pour faire un truc. Heureusement pour moi, je ne connais
que mes deux Machos Modernes qui sont dans ce cas. Enfin bref, j'ai
tendance à me moquer (mépriser ?) les fous des transferts, les
regardeux de téléfoot (alors qu'en passant sur la 3 ils apprendraient
plein de trucs dans 'c'est pas sorcier'), bref, les footeux. Ce sport,
que je considère comme l'opium du peuple, je sais pas, je fais un réel
blocage. Pourri par l'argent, tout ça... Ca m'enerve. Lors des grandes
sessions ecclesiastiques, comme la Coupe du Monde, beaucoup tentent de
me vendre le Football au titre de rassembleur de peuples, quand les
pays s'affrontent pour le sport en toute amitié pendant que, dans la
vie réelle, chacune de leur armée fout sur la gueule de l'autre.
Alors que ne me suis-je fait railler la soirée dernière.
Samedi
a en effet débuté la Grande Boucle, autrement dit Le Tour de France. Et
il se trouve que, moi, avec mes grands principes, je suis tous les ans,
d'un oeil distrait mais présent, cette course cycliste centenaire.
Suivant ces propos, un type portant le maillot de Marseille m'a presque
traité de "beauf". J'ai accepté l'insulte sans broncher. Ca m'a bien
fait cogiter, avouons le. Qu'est-ce qui fait que le Tour de France est
un truc de beauf, et que le football, avec ses hooligans, non ?
Il
faut l'avouer, dans ma génération, les proportions d'amoureux du Tour
de France est minime par rapport aux dingues de Football, et même de
rugby. Un jeune qui mate le Tour de France, c'est rare, surtout si
c'est une fille. Les seules personnes vingtenaires que je connais qui
suivent le Tour tous les ans sont... des cyclistes.
Chez nous,
la grande boucle, c'est une affaire de famille. Mon papa suit le Tour
de France, tous les étés, pendant qu'il travaille sur son ordinateur.
Mon grand-père paternel, que je n'ai pas connu, était lui aussi un vif
spectateur du tour. Son épouse, ma grand mère, donc, ne manque elle non
plus aucune étape. Mon grand-oncle était passionné de cyclisme.
Originaire de Normandie, il connaissait les routes de sa région
d'origine par coeur. Même immigré en campagne de région parisienne, il
roulait tous les jours. Il a fait ça jusqu'à 75 ans, avant qu'un mal
inconnu le fauche en quelques mois. Comme vous voyez, ici, le cyclisme
est affaire de famille. Et si nous ne regardons pas les courses, ne
suivons ni le Paris-Nice, ni le Paris-Roubaix, nous ne manquerons
jamais un Tour de France.
Quand j'étais enfant, l'été, nous étions
sur la terrasse, et en fond sonore, la télé diffusait les commentaires
du Tour. Si nous n'étions pas passionnés des étapes de plaine,
l'annonce d'une chute était toujours assez attractive il faut l'avouer
! Mais notre passion à nous, ce sont les épreuves de Montagne, quand
les coureurs d'un coup se sentent pousser des ailes et grimpent des
cols vertigineux, seuls. Ce sont souvent des coureurs dont on entend
peu parler pendant les premières étapes, étapes de routes, plates, et
qui d'un coup, deviennent vedettes quand la route grimpe. Parfois, en
plus de gagner l'étape, ils acquièrent le maillot jaune, même pour un
soir. D'autres fois malchanceuses, les échappés, fatigués, se font
rattraper par le peloton avant la ligne d'arrivée. Mais ils gardent
tout de même le prestige d'être l'homme de l'échappée du jour. Mes
vedettes étaient Jalabert, le panda, Virenque, si combatif l'année
après l'affaire Festina, ou encore Botero. J'aimais bien Bourguignon
aussi, parce qu'il courrait souvent avec un nez de clown, une perruque,
ou divers apparâts.
Ma grand-mère (toujours la même) habitait
le trou du cul du monde dans le Berry, et quand nous passions l'été
chez elle, bah pour tuer le temps, on matait le Tour. Une journée où ma
soeur et moi étions seules chez elle, elle nous a embarqué avec mon
grand-père Victor, belge de son état, et nous avons fait une heure de
bagnole pour nous pointer dans un patelin, au bord d'une route, où nous
avons attendu 25 minutes la caravane, puis les directeurs sportifs, et
enfin les cyclistes qui, heureusement pour nous, ralentissaient dans
cette zone. 15 minutes plus tard, nous repartions. C'est un peu ça le
Tour de France, on l'attend beaucoup et ça passe très vite ! Pas très
probant, cette rencontre.
Presque 10 ans plus tard, ma famille
était conviée à un mariage début juillet, en région parisienne. La fête
se passait dans un grand hôtel en banlieu parisienne, genre bien grand
tout ça. Quand nous sommes arrivés, nous avons vu les cars de l'équipe
Jean Delatour, joaillier, dont l'équipe ne court plus trop maintenant.
Il y avait un autre bus, d'une équipe étrangère, mais je ne me souviens
plus de son nom. Nous nous sommes donc approchés des bus et les
techniciens étaient en train de nettoyer les vélos. A l'intérieur des
bus, qui étaient plutôt des camions à grande contenance, il y avait une
vingtaine de vélos de compétitions, plus magnifiques les uns que les
autres. Le lendemain du mariage, nous sommes retournés à l'Hôtel pour
faire l'After, et sommes montés dans les étages pour aller réveiller
des amis qui avaient dormi là. Au moment de redescendre, nous attendons
devant l'ascenceur... en même temps que trois types en cyclistes et
maillots colorés, qui n'étaient autres que les coureur de Jean
Delatour. Parmi eux, Jean-Patrick Nazon, un petit jeune plutôt
prometteur, qui a en plus la qualité d'être né à Epinal, dans les
Vosges. Mon père s'est souvenu par la suite avoir être son professeur
au Lycée de Charmes. Nous avons échangé quelques mots dans l'ascenceur,
et leur avons souhaité bonne chance pour l'étape du jour, qui se tenait
du côté de Melun il me semble. Le soir même, devant la télé du Hall de
l'hôtel, nous avons pu voir Jean-Patrick Nazon gagner l'étape du jour
et rafler, au passage, le maillot jaune. C'était en 2003.
Mon
rapport le plus proche avec le Tour de France était sans conteste il y
a deux ans, quand le tour est passé en Lorraine. J'habitais déjà à
Nancy, mais je travaillais au mois de Juillet dans un restaurant à
Gérardmer. Or, le tour passait bien par ces deux villes. Je ne pouvais
pas vraiment suivre le tour, travaillant toute la journée. Je suivais
quelquefois pendant ma pause, mais sans plus. J'ai pu assister à la
tentative d'echappée de Christophe Mengin, mais je n'ai su que le soir
qu'il avait chuté suites aux pluies. Nous, à Gérardmer, nous nous
préparions à accueillir le tour en ville arrivée et ville départ. Les
camions sont arrivés dès le matin en klaxonnant à tout rompre, saluant
les gens de la ville, les commerçants qui préparaient leurs terrasses.
La rue devant le resto où je bossais était fermée (comme la moitié de
la ville), nous avaient annoncé les municipaux. Nous nous inquiétions
de l'affluence mauvaise. Ce que nous ne savions pas, c'est que la rue
serait fermée... Car s'y gareraient les bus des équipes, en attendant
l'arrivée du soir. Ainsi, toute l'après-midi, nous avons vu arriver les
managers, les techniciens, qui attendaient paisiblement que les
cyclistes arrivent. Je me suis retrouvé à servir des grandes bières et
de la charcuterie aux managers de la T-Mobile, l'équipe allemande, tout
l'après-midi. Au moment de l'arrivée, tous se sont rendus vers le
centre-ville pour accueillir les coureurs. Mais quelques minutes plus
tard, nous avons vu les sportifs, sur leurs vélos, rejoindre leurs bus
respecitfs; Nous avons pu voir le vainqueur du jour sauter dans les
bras de son manager, Jan Ullrich gagner son bus rose et même Lance
Armstrong et sa testicule bionique affoler les foules près du véhicule
bleu nuit de Discovery Channel.
Le lendemain matin,
nous avons embauché près de deux heures avant le départ. Devant le
restaurant, nous avions maintenant les voitures des directeurs
sportifs, avec leurs vélos sur le toit. Pendant que nous préparions la
terrasse, nous avons vu passer la caravane du tour dans toute sa
splendeur, ses animateurs, ses couleurs. Puis les directeurs sportifs,
après un dernier café, ont pris la route, et nous avons entendu le
départ être lancé. Puis au fil de la journée, le comité organisateur a
remballé ses joujous, et nous avons vu repartir les camions de
fournitures, les plateaux de télévision, au son du klaxon et des au
revoir. La ville disait au revoir au Tour de France dans une ambiance
de fête.
Le passage du Tour de France est donc une fête pour
tous ces petits villages qui ne voient même que passer les cyclistes.
C'est une fête de village géante qui, tous les ans, change de lieu, au
jour le jour.
A suivre...

