09 juillet 2007
Moi et... Le Tour de France (1)

(Source : http://www.philippetastet.com/)
Après écriture il s'est avéré que ce plaidoyer pour le Tour de France était très long. Je vais dnc probablement en faire plusieurs posts. Et oui, comme quoi un rien m'inspire.
Je
passe mon temps à pester contre les adorateurs du football, ceux qui te
disent "ah nan ce soir je peux pas, y'a Nancy - Leans à la télé" quand
tu les appelle pour faire un truc. Heureusement pour moi, je ne connais
que mes deux Machos Modernes qui sont dans ce cas. Enfin bref, j'ai
tendance à me moquer (mépriser ?) les fous des transferts, les
regardeux de téléfoot (alors qu'en passant sur la 3 ils apprendraient
plein de trucs dans 'c'est pas sorcier'), bref, les footeux. Ce sport,
que je considère comme l'opium du peuple, je sais pas, je fais un réel
blocage. Pourri par l'argent, tout ça... Ca m'enerve. Lors des grandes
sessions ecclesiastiques, comme la Coupe du Monde, beaucoup tentent de
me vendre le Football au titre de rassembleur de peuples, quand les
pays s'affrontent pour le sport en toute amitié pendant que, dans la
vie réelle, chacune de leur armée fout sur la gueule de l'autre.
Alors que ne me suis-je fait railler la soirée dernière.
Samedi
a en effet débuté la Grande Boucle, autrement dit Le Tour de France. Et
il se trouve que, moi, avec mes grands principes, je suis tous les ans,
d'un oeil distrait mais présent, cette course cycliste centenaire.
Suivant ces propos, un type portant le maillot de Marseille m'a presque
traité de "beauf". J'ai accepté l'insulte sans broncher. Ca m'a bien
fait cogiter, avouons le. Qu'est-ce qui fait que le Tour de France est
un truc de beauf, et que le football, avec ses hooligans, non ?
Il
faut l'avouer, dans ma génération, les proportions d'amoureux du Tour
de France est minime par rapport aux dingues de Football, et même de
rugby. Un jeune qui mate le Tour de France, c'est rare, surtout si
c'est une fille. Les seules personnes vingtenaires que je connais qui
suivent le Tour tous les ans sont... des cyclistes.
Chez nous,
la grande boucle, c'est une affaire de famille. Mon papa suit le Tour
de France, tous les étés, pendant qu'il travaille sur son ordinateur.
Mon grand-père paternel, que je n'ai pas connu, était lui aussi un vif
spectateur du tour. Son épouse, ma grand mère, donc, ne manque elle non
plus aucune étape. Mon grand-oncle était passionné de cyclisme.
Originaire de Normandie, il connaissait les routes de sa région
d'origine par coeur. Même immigré en campagne de région parisienne, il
roulait tous les jours. Il a fait ça jusqu'à 75 ans, avant qu'un mal
inconnu le fauche en quelques mois. Comme vous voyez, ici, le cyclisme
est affaire de famille. Et si nous ne regardons pas les courses, ne
suivons ni le Paris-Nice, ni le Paris-Roubaix, nous ne manquerons
jamais un Tour de France.
Quand j'étais enfant, l'été, nous étions
sur la terrasse, et en fond sonore, la télé diffusait les commentaires
du Tour. Si nous n'étions pas passionnés des étapes de plaine,
l'annonce d'une chute était toujours assez attractive il faut l'avouer
! Mais notre passion à nous, ce sont les épreuves de Montagne, quand
les coureurs d'un coup se sentent pousser des ailes et grimpent des
cols vertigineux, seuls. Ce sont souvent des coureurs dont on entend
peu parler pendant les premières étapes, étapes de routes, plates, et
qui d'un coup, deviennent vedettes quand la route grimpe. Parfois, en
plus de gagner l'étape, ils acquièrent le maillot jaune, même pour un
soir. D'autres fois malchanceuses, les échappés, fatigués, se font
rattraper par le peloton avant la ligne d'arrivée. Mais ils gardent
tout de même le prestige d'être l'homme de l'échappée du jour. Mes
vedettes étaient Jalabert, le panda, Virenque, si combatif l'année
après l'affaire Festina, ou encore Botero. J'aimais bien Bourguignon
aussi, parce qu'il courrait souvent avec un nez de clown, une perruque,
ou divers apparâts.
Ma grand-mère (toujours la même) habitait
le trou du cul du monde dans le Berry, et quand nous passions l'été
chez elle, bah pour tuer le temps, on matait le Tour. Une journée où ma
soeur et moi étions seules chez elle, elle nous a embarqué avec mon
grand-père Victor, belge de son état, et nous avons fait une heure de
bagnole pour nous pointer dans un patelin, au bord d'une route, où nous
avons attendu 25 minutes la caravane, puis les directeurs sportifs, et
enfin les cyclistes qui, heureusement pour nous, ralentissaient dans
cette zone. 15 minutes plus tard, nous repartions. C'est un peu ça le
Tour de France, on l'attend beaucoup et ça passe très vite ! Pas très
probant, cette rencontre.
Presque 10 ans plus tard, ma famille
était conviée à un mariage début juillet, en région parisienne. La fête
se passait dans un grand hôtel en banlieu parisienne, genre bien grand
tout ça. Quand nous sommes arrivés, nous avons vu les cars de l'équipe
Jean Delatour, joaillier, dont l'équipe ne court plus trop maintenant.
Il y avait un autre bus, d'une équipe étrangère, mais je ne me souviens
plus de son nom. Nous nous sommes donc approchés des bus et les
techniciens étaient en train de nettoyer les vélos. A l'intérieur des
bus, qui étaient plutôt des camions à grande contenance, il y avait une
vingtaine de vélos de compétitions, plus magnifiques les uns que les
autres. Le lendemain du mariage, nous sommes retournés à l'Hôtel pour
faire l'After, et sommes montés dans les étages pour aller réveiller
des amis qui avaient dormi là. Au moment de redescendre, nous attendons
devant l'ascenceur... en même temps que trois types en cyclistes et
maillots colorés, qui n'étaient autres que les coureur de Jean
Delatour. Parmi eux, Jean-Patrick Nazon, un petit jeune plutôt
prometteur, qui a en plus la qualité d'être né à Epinal, dans les
Vosges. Mon père s'est souvenu par la suite avoir être son professeur
au Lycée de Charmes. Nous avons échangé quelques mots dans l'ascenceur,
et leur avons souhaité bonne chance pour l'étape du jour, qui se tenait
du côté de Melun il me semble. Le soir même, devant la télé du Hall de
l'hôtel, nous avons pu voir Jean-Patrick Nazon gagner l'étape du jour
et rafler, au passage, le maillot jaune. C'était en 2003.
Mon
rapport le plus proche avec le Tour de France était sans conteste il y
a deux ans, quand le tour est passé en Lorraine. J'habitais déjà à
Nancy, mais je travaillais au mois de Juillet dans un restaurant à
Gérardmer. Or, le tour passait bien par ces deux villes. Je ne pouvais
pas vraiment suivre le tour, travaillant toute la journée. Je suivais
quelquefois pendant ma pause, mais sans plus. J'ai pu assister à la
tentative d'echappée de Christophe Mengin, mais je n'ai su que le soir
qu'il avait chuté suites aux pluies. Nous, à Gérardmer, nous nous
préparions à accueillir le tour en ville arrivée et ville départ. Les
camions sont arrivés dès le matin en klaxonnant à tout rompre, saluant
les gens de la ville, les commerçants qui préparaient leurs terrasses.
La rue devant le resto où je bossais était fermée (comme la moitié de
la ville), nous avaient annoncé les municipaux. Nous nous inquiétions
de l'affluence mauvaise. Ce que nous ne savions pas, c'est que la rue
serait fermée... Car s'y gareraient les bus des équipes, en attendant
l'arrivée du soir. Ainsi, toute l'après-midi, nous avons vu arriver les
managers, les techniciens, qui attendaient paisiblement que les
cyclistes arrivent. Je me suis retrouvé à servir des grandes bières et
de la charcuterie aux managers de la T-Mobile, l'équipe allemande, tout
l'après-midi. Au moment de l'arrivée, tous se sont rendus vers le
centre-ville pour accueillir les coureurs. Mais quelques minutes plus
tard, nous avons vu les sportifs, sur leurs vélos, rejoindre leurs bus
respecitfs; Nous avons pu voir le vainqueur du jour sauter dans les
bras de son manager, Jan Ullrich gagner son bus rose et même Lance
Armstrong et sa testicule bionique affoler les foules près du véhicule
bleu nuit de Discovery Channel.
Le lendemain matin,
nous avons embauché près de deux heures avant le départ. Devant le
restaurant, nous avions maintenant les voitures des directeurs
sportifs, avec leurs vélos sur le toit. Pendant que nous préparions la
terrasse, nous avons vu passer la caravane du tour dans toute sa
splendeur, ses animateurs, ses couleurs. Puis les directeurs sportifs,
après un dernier café, ont pris la route, et nous avons entendu le
départ être lancé. Puis au fil de la journée, le comité organisateur a
remballé ses joujous, et nous avons vu repartir les camions de
fournitures, les plateaux de télévision, au son du klaxon et des au
revoir. La ville disait au revoir au Tour de France dans une ambiance
de fête.
Le passage du Tour de France est donc une fête pour
tous ces petits villages qui ne voient même que passer les cyclistes.
C'est une fête de village géante qui, tous les ans, change de lieu, au
jour le jour.
A suivre...
Commentaires
j'aime beaucoup l'image
un brin d'humour un peu noir quand meme !!
remarque un tour de france qui commence en angleterre c'est aussi de l'humour !
et gagné par un americain dopé encore plus !!
lol
bonnne soiree
angeline
Mais bien sûr, il faut toujours tourner ce qu'on aime à la dérision ;)
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